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Archives de Catégorie: May aime la philosophie

Le bol de bois

Le bol de bois, Je vous assure que vous vous rappellerez du Bol de bois demain, dans une semaine, un mois , une année.

Un vieil homme tout frêle va vivre avec son fils, sa bru et son petit-fils de quatre ans.

La main du vieil homme tremblait, sa vue était embrouillée et sa démarche vacillante.

La famille mangeait ensemble à la table.

Mais, le vieux grand-papa éprouvait de la difficulté à manger.

Les petits pois glissaient de sa cuiller et tombaient sur le plancher.

Quand il prenait son verre de lait, il le renversait sur la nappe.

Le fils et son épouse étaient irrités par le gâchis.

Le fils affirmait « On devrait faire quelque chose à propos de papa »

« J’en ai marre du lait renversé, du bruit qu’il fait en mangeant et de la nourriture sur le plancher. »

Alors, avec son épouse, il installait une table dans un coin de la cuisine.

Là, le grand-père mangeait seul pendant que la famille prenait le repas.

Étant donné que le vieil homme avait brisé de la vaisselle, sa nourriture était servie dans un bol de bois.

Quand la famille jetait un coup d’oeil en direction de grand-papa, il leur arrivait de voir une larme glisser sur la joue du vieil homme pendant qu’il était assis tout seul.

Malgré tout, ils continuaient à maugréer contre lui lorsqu’il échappait sa fourchette ou sa nourriture.

Le petit-fils observait tout en silence.

Un soir, avant le souper, le papa remarquait son fils qui jouait avec des morceaux de bois qui jonchaient le plancher.Il lui demanda gentiment, « que fabriques-tu? »

Tout aussi gentiment le petit garçon répondit,« Oh! Je fais un petit bol pour toi et maman pour que vous mangiez votre nourriture lorsque je serai plus grand. »

Le petit garçon sourit et continuait son travail.

Ces mots ont eu l’effet d’une bombe sur les parents qui devinrent silencieux.

Des larmes commençaient à ruisseler le long de leurs joues.

Sans dire un mot, ils savaient ce qu’ils devaient faire.

Ce soir-là, le fils prit la main de son père pour le ramener gentiment à la table familiale.

Pour le reste de ses jours il mangea tous ses repas avec la famille.

Et pour quelque raison, ni le fils ou son épouse ne firent de cas quand il échappait sa fourchette, renversait du lait ou salissait la nappe.

Sur une note positive, j’ai appris que, peu importe quoiqu’il arrive, aussi mauvais que cela semble aujourd’hui, la vie continue, et elle sera meilleure demain.

J’ai appris que nous pouvons en dire beaucoup au sujet d’une personne de la façon qu’elle se comporte devant quatre choses : Une journée de pluie, les personnes âgées, des bagages égarés et des lumières d’arbre de Noël emmêlées.

J’ai appris que gagner sa vie n’est pas la même chose que de « vivre sa vie. »

J’ai appris que la vie nous donne quelquefois une deuxième chance.

J’ai appris que l’on ne doit pas poursuivre sa vie avec une mitaine de receveur dans chaque main.

Nous avons besoin de remettre quelque chose aux autres quelquefois.

J’ai appris que si on poursuit le bonheur, il va nous échapper.

Mais, si vous vous concentrez sur votre famille, vos amis, les besoins d’autrui, votre travail et l’accomplissement des choses au meilleur de vos capacités, le bonheur vous trouvera bien.

J’ai appris que lorsque je prends une décision avec mon coeur, je prends normalement la bonne décision.

J’ai appris que même si je ressens de la douleur, je n’ai pas besoin de devenir un casse-pieds pour les autres.

J’ai appris que chaque jour, nous devrions étendre le bras et toucher quelqu’un d’autre.Le monde aime cette touche humaine.

Se tenir pas la main, une accolade chaleureuse ou simplement une tape dans le dos…

J’ai appris que j’en ai encore beaucoup à apprendre.

Ce texte n’est pas de moi, trouvé sur une page au hasard des rencontres…

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Le couple et le travail féminin

Depuis une trentaine d’années, la proportion de femmes qui travaillent progresse constamment. Pour beaucoup de couples, cela suppose une remise en question fondamentale des rôles traditionnels.

  1. Une profonde évolution
  2. La culpabilité de l’homme
  3. Le partage des tâches ménagères
  4. Le travail de la femme : une aspiration normale
  5. Un équilibre à trouver
  6. Travailler ensemble : solution ou cauchemar ?
  7. Une concurrence intolérable
  8. S’arrêter de travailler ou pas

Une profonde évolution

Depuis à peine 40 ans, l’image du couple s’est profondément transformée. En particulier, un phénomène nouveau a atteint toutes les couches de la société à une vitesse jamais vue encore dans l’histoire : il s’agit de l’apparition du travail de la femme au sein du couple.

De plus en plus, ce travail correspond aux aspirations profondes de la femme en même temps qu’à une nécessité financière.

Un tel changement a fait naître des tensions ou même des conflits nouveaux dans la vie quotidienne du couple, tant sur le plan matériel qu’affectif.

Comment les conjoints acceptent-ils leurs métiers respectifs ? Quels sont leurs réticences et leurs sujets d’insatisfaction ? Les réponses à ces questions sont multiples et souvent complexes. Elles permettent néanmoins de mieux comprendre les problèmes qui peuvent se poser et de les résoudre plus facilement.

En vertu de conceptions millénaires, l’homme est considéré comme le chef de famille qui doit subvenir aux besoins de son foyer. Acquérir une formation, se trouver un emploi, gagner sa vie sont des impératifs qui incombent, encore aujourd’hui, aux hommes davantage qu’aux femmes.

Dès l’enfance, un petit garçon apprend qu’il devra avoir un métier, qu’il aura des responsabilités et que sa formation professionnelle est plus importante que celle de ses soeurs. Son avenir d’adulte est synonyme de métier et de travail. Ses parents s’efforceront d’ailleurs de le guider en fonction de ses goûts mais surtout, ils veillent à le « pousser » vers une situation sociale plus valorisante que la leur afin qu’il gagne plus d’argent qu’eux.

Ces « devoirs » pèsent sur les épaules de l’homme et expliquent certaines hantises : la peur de ne pas réussir, la crainte de perdre son emploi, les tensions qui apparaissent s’il prend des risques en changeant de poste ou de métier. Ces hantises sont d’autant plus susceptibles de se manifester que les charges du couple sont nombreuses : un ou plusieurs enfants à élever, une maison ou un appartement à payer, etc.

L’homme peut ainsi se sentir libéré d’une angoisse lorsque sa compagne décide de travailler. Au plan matériel, l’avenir et la vie de sa famille ne dépendront plus de lui seul. Deux salaires au lieu d’un, c’est en outre un peu d’aisance dans les finances du couple, la possibilité d’acquérir plus de biens et de s’offrir plus de voyages ou de sorties.

La culpabilité de l’homme

Si l’on ne tient compte que de ce seul critère financier, le travail de la femme devrait représenter un soulagement pour l’homme, une décision positive à encourager. Or, il n’en est pas toujours ainsi car d’autres facteurs interviennent.

Tout d’abord, l’image de l’homme viril est affaiblie : dans les milieux modestes en particulier, le travail de la femme est parfois perçu comme une preuve de l’incapacité de l’homme. « On n’y arriverait pas sans son salaire, explique un mari ; mais dès que j’aurai une augmentation, elle arrêtera de travailler ». Une autre réponse reflète indirectement cette honte inavouée : « Ma femme ne travaille plus, elle n’en a plus besoin. Je gagne assez pour deux ». C’est un peu comme si le fait que la femme travaille signifiait que l’homme avait failli à l’un de ses devoirs les plus élémentaires.

À cette culpabilité s’ajoute une certaine jalousie qui peut provoquer des réactions d’un autre âge. Ainsi, une assistante sociale raconte une histoire étonnante : « Une jeune femme de vingt-deux ans travaillait à une chaîne de montage en usine. Son mari désapprouvait totalement son travail, mais, comme il était le plus souvent en chômage, il lui fallait bien accepter d’être aidé par sa femme. Il la surveillait étroitement et lui interdisait de parler à quiconque. Elle cessa de travailler brusquement et ne réclama jamais son salaire : son mari avait trouvé du travail et lui avait interdit le jour même de retourner à l’usine ».

Le partage des tâches ménagères

Des études faites ces dernières années révèlent que toutes les tâches ne sont pas partagées. Même s’il aide plus souvent que par le passé sa compagne, l’homme conserve généralement un domaine d’activités qui lui sont strictement réservées : les réparations et le bricolage, la pelouse à tondre ou les gros travaux. De plus, les chercheurs ont constaté que le nombre de conflits concernant la tenue du ménage augmentait ; le ménage n’est, en effet, plus considéré par la femme comme son domaine réservé.

Certes, une femme qui travaille est moins souvent présente et moins disponible qu’une femme au foyer. Toutefois, une mère de famille réalise souvent un exploit en remplissant deux rôles à la fois.

Son salaire lui permettra peut-être d’acheter un équipement ménager moderne ou de recourir aux services occasionnels d’une femme de ménage. Mais, rien ne remplace la collaboration et surtout la compréhension de son mari.

Le travail de la femme : une aspiration normale

Interrogé sur le travail de sa femme, un mari répond d’un air résigné : « Ça lui plaît mais ça lui passera. Il n’y a pas assez longtemps qu’elle travaille. Et puis elle sait qu’elle peut s’arrêter quand elle veut. Elle n’a pas besoin de travailler ».

Souvent, le travail de la femme passe pour une lubie passagère, une activité secondaire qui la distrait et l’occupe tout en rapportant un salaire d’appoint. On admet relativement bien qu’elle travaille pour permettre au couple de boucler ses fins de mois. Mais dès que les problèmes financiers sont résolus, son activité semble presque anormale et injustifiée.

Pourtant, les aspirations des femmes ont changé depuis quelques décennies. L’avenir d’une jeune fille ne se résume plus uniquement à deux univers : un mari et des enfants. Plusieurs raisons expliquent ce changement. Tout d’abord, il est désormais plus facile pour une femme de poursuivre des études ou d’entreprendre une formation professionnelle. D’autre part, les femmes ont moins d’enfants qu’autrefois et le fait d’en avoir ne les oblige plus à abandonner toutes leurs activités. Enfin, grâce aux nouveaux appareils et aux nouveaux services, les occupations ménagères leur prennent moins de temps.

Bref, la femme est plus instruite, plus ouverte et plus curieuse. Elle s’intéresse à des domaines qui lui étaient étrangers auparavant, elle s’informe et se documente. Les soucis familiaux et ménagers ne peuvent plus constituer son unique préoccupation.

Un équilibre à trouver

Certes, la majorité des femmes travaillent avant tout pour des raisons financières. Mais travailler, c’est aussi satisfaire ses ambitions personnelles, s’ouvrir d’autres horizons, élargir ses contacts et se sentir plus indépendante et épanouie.

Un homme doit comprendre que sa compagne a besoin pour son équilibre de sortir de son environnement familial. Une activité bénévole ne saurait suffire. Le salaire valorise un travail et le justifie aux yeux des autres. De nombreuses études ont démontré qu’une occupation bénévole n’apportait jamais la même satisfaction qu’une activité rémunérée.

C’est peut-être regrettable, mais il faut bien admettre qu’il est rare que le couple puisse satisfaire tous les désirs et les aspirations de chacun. À partir de ce constat, deux écueils semblent à éviter pour la bonne entente du couple. D’une part, il est dangereux que chacun des conjoints se lance sans réflexion commune dans de nombreuses activités extérieures différentes. En effet, en toute logique, si chacun a un métier, des sorties et des amis différents, les liens du couple risquent de se relâcher, chacun évoluant constamment de son côté. D’autre part, si toutes les activités du couple sont communes, les conjoints risquent « d’étouffer ».

Travailler ensemble : solution ou cauchemar ?

Certains décident de travailler ensemble parce qu’ils possèdent des goûts similaires et des qualifications identiques. Ils trouvent plaisant et stimulant de travailler côte à côte. De plus, ils sont totalement indépendants par rapport au monde extérieur : ils prennent leurs propres décisions et demeurent seuls maîtres de leur réussite ou de leur échec.

Toutefois, même les partenaires les plus unis supportent mal à la longue de se retrouver constamment face à face. L’agressivité normale qui résulte de toute cohabitation se trouve alors décuplée. Certains vont jusqu’à ne plus tolérer la présence et même la vue de l’autre.

Ainsi, on peut citer le cas d’un couple d’épiciers qui en étaient arrivés à se haïr. Au bout de dix ans de travail commun, ils cherchaient l’un et l’autre tous les prétextes pour s’échapper quelques minutes. Trois ans plus tard, chacun avait réussi à utiliser ce précieux temps pour commettre une infidélité des plus classiques, chacun avec un commerçant voisin.

Deux personnes ne peuvent supporter une vie et un travail « en circuit fermé », même si leur association professionnelle est très réussie. Il est indispensable de pouvoir « s’évader » de l’autre, ne serait-ce que quelques heures par jour.

Une concurrence intolérable

La réussite professionnelle transforme un être. Il s’affirme, s’épanouit et prend de l’assurance. Lorsque les deux conjoints ont des métiers différents dans des entreprises différentes, cette situation n’a rien de dramatique. Si une femme gagne plus d’argent que son mari ou réussit mieux que lui dans son domaine, son compagnon ressentira peut-être un certain malaise. Il pourra néanmoins facilement s’en accommoder, dans la mesure où sa compagne n’en profite pas pour chercher à accaparer un pouvoir démesuré au sein du couple.

Les problèmes sont beaucoup plus complexes lorsque les conjoints exercent le même métier. Si un homme réussit moins bien que sa compagne, il éprouvera une intolérable humiliation. Prenons l’exemple de Jean et Cécile, tous deux médecins qui avaient décidé d’installer leurs deux cabinets dans leur maison. Au début, tout fut parfait. Puis, le nombre des patients se stabilisa dans la salle d’attente de Jean tandis qu’il grossissait dans celle de Cécile. Son succès s’affirmait aussi auprès de leurs confrères qui déléguèrent Cécile à des congrès où elle ne tarda pas à se distinguer.

Mais, à mesure qu’elle se passionnait pour son métier, Jean s’en détachait et finit par donner des signes de doute, d’amertume et d’aigreur. Il sombra dans une profonde dépression. Soucieuse de ménager l’amour-propre de son mari qu’elle aimait profondément, Cécile prétexta une naissance proche pour abandonner ses activités publiques et accepter un emploi dans un laboratoire. La compétition n’eut plus d’objet, Jean reprit confiance en lui, son cabinet se mit à prospérer et son prestige grandit. « Pauvre Cécile, quel gâchis ! » pensèrent ses amis intimes.

Ainsi certains couples, même très unis, ne peuvent résister à une situation de concurrence professionnelle qui profite à la femme. Nos mentalités ne semblent pas encore assez mûres pour cela. Très souvent, il semble qu’il vaille mieux choisir des occupations différentes ou instituer une collaboration où chacun a des responsabilités bien déterminées.

S’arrêter de travailler ou pas

Le couple d’aujourd’hui affronte des choix relativement nouveaux. Décidera-t-il d’avoir des enfants ou non ? Si oui, la femme abandonnera-t-elle définitivement ou temporairement son métier ? Il y a quarante ans à peine, ces questions ne se posaient même pas, sauf exception. Aujourd’hui, elles peuvent être source de nombreux différends dans le couple car elles remettent en question les rôles de chacun.

Une femme passionnée par son métier peut regretter un jour ou l’autre de l’avoir abandonné, même si ses enfants lui procurent d’immenses joies. Un homme peut reprocher à sa compagne de ne pas être aussi présente qu’il le souhaiterait au sein de la vie familiale. On peut ainsi multiplier les exemples.

Le travail de la femme est devenu un fait acquis. Les problèmes qu’il pose à chaque conjoint ne sont pas tous bien circonscrits et analysés pour l’instant, car les mentalités n’ont pas fini de s’y adapter.

Néanmoins, le couple peut sortir vainqueur de bien des tensions s’il fait preuve d’un minimum de réalisme, de générosité et de compréhension.

Nota : Nous aurions aimé créditer cet article, mais toutes nos recherches concernant son auteur et son origine sont restées vaines jusqu’ici.

Article original sur Asiaflash

 

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La leçon du papillon

Un homme se détendant sur le banc d’un parc remarqua que dans un feuillage près de lui il y avait un cocon qui semblait bouger.
Il décida de passer son temps à observer le papillon qui s’efforçait de sortir par le petit trou de son cocon.

Après un long moment, le papillon semblait avoir abandonné, et on aurait dit qu’il avait fait tout ce qu’il pouvait pour sortir de ce trou mais sans succès.

Alors, l’homme décida d’aider le papillon : il prit son petit canif de poche et ouvrit le cocon.

Le papillon sortit aussitôt mais son corps était maigre et engourdit, ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. L’homme continua à l’observer, pensant que d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il puisse prendre son envol.

Il n’en fut rien ! Et le pauvre papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son maigre corps et ses ailes rabougries.

Jamais il ne put voler.

Ce que l’homme, avec son geste de gentillesse et son intention d’aider, ne comprenait pas, c’est que le passage par le trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler.

C’était le moule à travers lequel Dieu le faisait passer pour grandir et se développer.

La morale de cette histoire est que, parfois, l’effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie.

Si Dieu nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d’obstacles, nous serions limités.

Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler…

J’ai demandé la force…
Dieu m’a donné les difficultés pour me rendre fort.

J’ai demandé l’intelligence et la sagesse…
Dieu m’a donné des problèmes à résoudre.

J’ai demandé la prospérité…
Dieu m’a donné un cerveau et des muscles pour travailler.

J’ai demandé l’amour…
Dieu m’a donné des amis à aider dans leurs problèmes.

Je n’ai rien reçu de ce que j’ai demandé…
Mais j’ai reçu tout ce dont j’avais besoin pour les réaliser !

 

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Comment la philo nous aide à aller mieux

À l’heure où la «science de la sagesse» fleurit partout, on peut se demander quels sont ses réels bienfaits sur nos vies.

 

Dessin: Dobritz.
Dessin: Dobritz.

Depuis 1992, date où l’iconoclaste philosophe Marc Sautet exportait sa spécialité des bancs de l’université jusque dans des «cafés philo», le mouvement n’a cessé de s’amplifier: conférences «grand public» sur Platon ou Levinas, séminaires en entreprise pour pratiquer «l’art de s’étonner», salons privés réunissant, tels des clandestins au pays de la téléréalité, des fans de la dialectique hégélienne, consul­tations en cabinet philosophique…

Pas de doute, la philosophie attire, fascine et apparaîtrait presque comme le nouvel adjuvant d’une société qui valorise par ailleurs stress et activisme. Mais lire Platon ou penser la volonté permet-il de vivre mieux? «A priori, seuls les philosophes de l’Antiquité, les Épictète, Marc Aurèle ou Épicure avaient le souci d’ériger la science de la sagesse en art de vivre , note la philosophe Olivia Gazalé, présidente de l’association Les Mardis de la philo, qui, depuis douze ans, a permis au grand public d’assister à des milliers de conférences. Pour le reste, la philosophie cherche à affûter la lucidité. Si cette hyperlucidité permet à certains de s’élever, elle n’empêche pas d’autres de s’effondrer.»

Réfléchir est en effet loin de garantir le mieux-être. Balthasar Thomass, directeur de la formidable collection «Vivre en philosophie» (Eyrolles), témoigne de ce moment où, «jeune agrégé habité par une flamme émotive envers la philosophie», il s’est dirigé peu à peu vers une version asséchante de celle-ci, «en travaillant pendant des années à une thèse très abstraite». C’est là l’une des ombres qui guette tout amoureux de la philosophie: la fuite dans le discursif, le refuge dans le langage conceptuel, sans être capable d’accéder à un au-delà de ce langage.

«Les débats théoriques, la spéculation poussée à son maximum juste pour réfuter les arguments des autres écoles constituent une dérive fréquente chez les apprentis philosophes», reconnaît Balthasar Thomass, qui avoue avoir conçu sa collection de livres de vulgarisation pratique pour se reconnecter à «l’intérêt vital de la philosophie». Grâce à lui, on peut donc désormais «s’affirmer avec Nietzsche» ou «être heureux avec Spinoza».

D’autre part, il ne suffit pas d’apprendre par cœur, tels des slogans publicitaires, des préceptes de sagesse antique pour devenir plus patient ou se libérer de ses angoisses. Certes, ces conseils de vie peuvent nous apaiser à certains moments, «mais seulement à condition qu’ils ne deviennent pas un schéma de pensée prêt-à-porter pour tous, relève la psychanalyste Valérie Blanco, auteur de Dits de divan (L’Harmattan). C’est toujours le risque: qu’une pensée, philosophique ou pas, oublie la singularité de chacun, la cause personnelle de ses souffrances, et vienne juste boucher le trou des questions à se poser.»

Certes, mais, si elle attire autant, c’est que la démarche philosophique procure des bienfaits tangibles. «En lire, s’en imprégner, permet d’aller mieux, assure Olivia Gazalé, mais pas dans un sens psychologique, pas comme un comprimé qui ferait disparaître physiquement les angoisses, mais au sens de devenir meilleurs. En nous obligeant à nous confronter de manière conceptuelle aux problèmes de l’existence humaine, la mort ou la responsabilité, elle nous amène à devenir plus avisés.» Chaque mardi, devant un public composé en grande partie de seniors qui veulent rattraper le temps perdu, et de chômeurs qui ont du temps, la philosophe constate cette appétence pour la connaissance. «Quand je demande aux habitués pourquoi ils reviennent, ils me le répètent: pour nous sentir plus intelligents.»

Cette soif de penser est aussi forte chez les habitués des Lundis de la philo, orchestrés au cinéma MK2 Hautefeuille par Charles Pépin (le lundi à 18 heures). Le romancier et auteur de Ceci n’est pas un manuel de philosophie (Flammarion) réunit à chaque fois plus d’une centaine d’étudiants des grandes écoles du quartier, mais aussi, plus surprenant, des cadres et managers aux agendas surbookés. «Ils viennent pour penser, c’est tout!» observe avec enthousiasme celui qui peut proposer au menu de ses conférences des thèmes aussi variés que «Qu’est-ce que le courage?» et «Doit-on croire au progrès?».

Selon lui, ce besoin de penser touche de nombreux actifs, qui n’ont tout simplement plus le temps de réfléchir dans leur vie professionnelle. «Le temps d’un exposé, ils souhaitent vivre une expérience intellectuelle forte, explique le philosophe. Une aventure de l’esprit qui éveille et n’apaise surtout pas. «Car le véritable bienfait de la philosophie, rappelle-t-il, c’est de maintenir une intranquillité salutaire. Sans elle, on goberait tout, on ne remettrait plus rien en question. En un mot, on deviendrait plus bête.» Alors oui, la philosophie fait bien œuvre de salut public.

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Publié par le mars 7, 2011 dans May aime la philosophie

 

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Faire des maux un mauvais souvenir et non une obsession

L’absence d’espérance ne conduit pas au désespoir. Ce sont les passions qui s’en chargent, en s’obstinant à espérer malgré une situation d’inespérance. Heureusement, l’homme oublie, ou ne voit pas tout, comme nous le dit Alain, dans le texte Du désespoir extrait des Propos sur le bonheur : « Il y a beaucoup de problèmes où l’on ne voit rien ; et l’on s’en console aisément. Un conseil, un liquidateur, un juge peuvent très bien décider qu’une affaire est sans espérance, ou même ne rien pouvoir décider, sans perdre l’appétit ni le sommeil. »

Alain nous explique également qu’il ne sert à rien de tenter de réparer ce qui est irréparable. Il vaut mieux faire le constat de ce qui est, de distinguer ce qui est en notre pouvoir, raisonnablement, et non se laisser passionnément emporter par la volonté de changer ce qui ne peut l’être : « Aussi je tiens qu’un caractère fort est celui qui se dit à lui-même où il en est, quels sont les faits, quel est au juste  l’irréparable, et qui part de là vers l’avenir. »

Ce n’est pas renoncer que de s’astreindre à l’irréparable, ou de se conformer à l’inévitable. Il s’agit au contraire d’une preuve de justesse, d’accord entre ce qui nous est possible de faire et ce qui est. Mais l’exercice est difficile, nous prévient Alain, et il nous conseille de « s’y exercer dans les petites choses ».

Il faut aussi éviter de se maintenir présentement par référence au passé. Il y a là une contradiction sur le plan temporel qui ne fait qu’enfermer l’homme dans une tristesse sans issue, car il lui est impossible d’en modifier l’objet. Certes, les maux ne s’effacent pas en refusant d’y penser. Ce qui est fait est fait. Mais écartons l’obnubilation, car sinon « […] la passion sera comme le lion en cage, qui pendant des heures piétine devant la grille ».

Alain recommande la réflexion, pour casser cette dynamique en faisant des maux un mauvais souvenir, et non une obsession.

 

Etes-vous en bonne santé ?

La bonne santé est passagère, tout comme la maladie. Etre en bonne santé ne nous préserve pas d’être un jour malade. Bonne et mauvaise santé sont ainsi deux états successifs, l’un remplaçant l’autre, et inversement. Mais cette succession n’est pas irrémédiable ; on peut toujours être en bonne santé, tout comme la maladie peut se maintenir. Mais au-delà de cette confrontation, qu’est-ce qu’être en bonne santé ? Faut-il associer celle-ci avec le bonheur ? Je distinguerais deux types de santé : physique et psychologique. En effet, on peut être en pleine forme physique mais être atteint de troubles psychiques. A l’extrême, la folie n’induit pas une déchéance du corps. On peut aussi être dans de bonnes dispositions mentales et souffrir de son corps. La bonne santé serait l’absence à la fois de dérèglement physique et psychique. Est-ce pour autant suffisant pour se sentir bien ? Pas obligatoirement, car la mélancolie, ou encore l’angoisse, se satisfont fort bien d’un corps et d’un esprit sain. La santé n’est donc pas le souverain bien. Elle n’est pas un but, mais un moyen pour atteindre le bien-être.

 
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Publié par le février 13, 2011 dans May a des coups de coeurs, May aime la philosophie

 

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Le nous pour éviter de se perdre dans le on

Le nous pour éviter de se perdre dans le on Je nous onL’opinion publique est une force qui annihile la personnalité. En se conformant à une idée ambiante, la personne devient individu et participe de l’opinion. La personnalité se dérobe et dès lors le sujet est une unité de plus, s’inscrivant dans un mouvement général qui réduit le particulier à une composante d’un tout.

Cette pression de l’opinion apparaît aujourd’hui de plus en plus forte ; les personnalités s’effacent dans la multitude dont la propagation est facilitée par une médiatisation toujours plus croissante des affaires humaines, mais aussi par la mise à disposition dans la sphère privée d’outils de prime abord favorisant la communication sociale.

Sauf que la communication est un échange entre deux ou plusieurs consciences individuelles, et non le partage d’une conscience commune et impersonnelle. Ainsi, le risque est de se perdre soi en se faisant le représentant d’une pensée publique dont le contenu ne souffre d’aucune critique. Cette représentation est avant tout le résultat d’une pression sociale à laquelle on ne sait résister. Les autres pensent ainsi alors je m’efface, je pense de même pour que l’on pense tous identiquement. Les autres absorbent le moi pour devenir on, comme le fait remarquer Heidegger dans Etre et Temps : « Cette distantialité inhérente à l’être-avec implique que le Dasein se tient, en tant qu’être-en-compagnie quotidien, sous l’emprise des autres.

Il n’est pas lui-même ; l’être, les autres le lui ont confisqué. Le bon plaisir des autres dispose des possibilités. » En s’inscrivant dans la mouvance, les possibilités se resserrent, l’idéal se perd. Il s’agit bien plus de se conformer que d’être, de céder sa responsabilité à la masse et ainsi s’enferrer dans le troupeau. Mais cet attroupement n’est pas une communion. Il ne suffit pas d’être ensemble pour communier. Le je se perds dans la foule et alors plus personne ne se reconnaît. Tout n’étant plus qu’équivalence, il n’est plus possible de se distinguer l’un et l’autre. Il s’agit d’un étant collectif, lisse et sans saveur. Heidegger toujours : « Dans l’usage des moyens publics de transport en commun et dans le recours à des organes d’information (journal), chaque autre équivaut à l’autre.

Cet être-en-compagnie fond complètement le Dasein qui m’est propre dans le genre d’être des autres à tel point que les autres s’effacent à force d’être indifférenciés et anodins. C’est ainsi, sans attirer l’attention, que le on étend imperceptiblement la dictature qui porte sa marque. » Se confondant les uns aux autres, la banalité est de rigueur, l’originalité déconsidérée. L’opinion fixe pour chacun des valeurs convenables. L’autonomie intellectuelle, si chère à Kant, fond dans l’infantilisation généralisée. Se démarquer, c’est aussi prendre le risque de l’exclusion et l’homme n’aime pas être seul, car paradoxalement il existe aussi avec les autres. Mais alors, que faire face à ces autres qui à la fois nous dévorent et nous permettent d’exister ? Privilégier le nous à on, privilégier la relation à l’absorption. Chacun doit arriver avec sa conscience, sa personnalité, prêt à rencontrer une autre conscience, avec respect mais aussi détermination, prêt à s’ouvrir sans se fuir, disposé à écouter et non se conformer. Bien-sûr l’exercice n’est pas aisé.

Nous avons tous besoin de l’autre, mais qu’il est difficile de rester avec lui. Cette difficulté, dès lors qu’elle n’est pas refusée mais travaillée, est source d’enrichissement. On s’enrichit en effet de ses efforts et cette richesse est d’autant plus belle qu’elle est partagée.

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Publié par le février 10, 2011 dans May a des coups de coeurs, May aime la philosophie

 

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