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Chronique de AD FEMINAM

Auteure : Yano las
Titre : Ad feminam
Editions : Ed Aile de May
Année : 2013
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Aller jusqu’au terme des 167 pages à lire sur la surface éclairée me parut une épreuve impossible à subir, impossible à passer avec succès. Depuis longtemps, pour ne pas dire toujours, je considère du haut de ma confortable conviction que le livre doit être tenu d’une seule main et les pages tournées de l’habile coup de pouce de la même main, coup de pouce dont j’ai la maîtrise après une si longue pratique.

Face à l’écran, Je lus la première, puis la seconde, puis la troisième phrase, montrant quelque résistance simulée, quelque réticence due à un préjugé tenace dont je finis par me défaire tant le voyage dans les phrases et les chapitres sembla plaisant.

Aussi, ai-je lu « Ad-feminam » -à l’écran s’il vous plaît- d’un relai de poste à l’autre sans aucun arrêt, sans inconfort d’aucune sorte. C’est dire que la monture est de qualité.

« Ad feminam » est un authentique pot-pourri. Il constitue le réceptacle du fruit de la récolte réalisée aux différents buissons épineux ou aromatiques, jalons des allées d’une société prisonnière de ses traditions, de ses pratiques désuètes qui ne relèvent parfois d’aucune logique et de sa religion ayant perdu tout esprit d’être tant prise au pied de la lettre.

«Ad feminam » roman d’apparence familial est écrit sous le sceau et dans le genre baroque.

Baroque, « Ad feminam » l’est tant le texte mélange les genres, les fait se succéder, cohabiter et jouxter dans une progression et une évolution respectueuses, coextensives de celles de la société. De la prose narrative la plus classique à la prose virtuelle du blog, passant par le récit fantastique et la poésie, le texte franchit la ligne de départ aux alentours de 1963 date de naissance de May, pour s’achever dans le nouveau siècle.
« Ad feminam » tient aussi du fantastique, univers des métamorphoses immédiates de la réalité sévère sous l’effet impitoyablement pervers de conditions familiales et socio-historiques. Métamorphoses d’un monde tragique en un monde magique où se résolvent, non sans onéreuses hypothèques les conflits en territoire magico-mystique.
Baroque, le roman inclus aussi genre le familial. Etant l’un et l’autre sous différents aspects, divers angles et ni l’un ni l’autre parce qu’il se soustrait intelligemment aux rigueurs d’un genre, il se confine par ses transformations dans un espace hybride. 
En effet, « Ad feminam » n’est autre que la réécriture baroque du statut ambigu de May l’enfant jouet des lubies violemment sourdes de son entourage immédiat et des soubresauts de la destinée dont les brides sont souvent entre le mains des décideurs.
Couchée sur le livret de famille May est reniée au quotidien par d’incessantes avanies qui la mettent au ban de la société des siens et de la société. Rencontrant son père, elle est invitée à signer un renoncement à sa part d’héritage qui est une implicite reconnaissance de son renoncement à sa paternité. 
May subit l’adversité, la jalousie et la rivalité de sa sœur alors qu’elle était de l’autre côté de la méditerranée. Sa sœur la rejoint. Elle tente de lui ravir son époux Jawad. 
May, le principal personnage du roman, traverse les trois époques du texte. Ces dernières sont consubstantielles aux trois genres principaux d’écriture auxquels l’auteure à recours. Chaque époque trempe sa plume dans l’encre d’un genre. Elle est consignée sur le parchemin idoine à sa conservation. Autrement dit, d’une vie guindée dans ses conventions rigoureuses, ses percepts et principes encalminés des suies de brûlots aujourd’hui ignifuges ou revenus sur la ligne de front vers un quotidien d’inventions nouvelles et inattendues, d’innovations ne surprenant plus personne pour aboutir dans le monde virtuel des grandes solitudes non démunies de solutions économiques. 

Pot pourri, est la famille de Jawad le second époux de May connu en France. Le libanais et l’algérienne de par leurs origines différentes et celles de leurs deux filles Maroua et Médina enfants adoptives importées d’Afghanistan, précisément de Kaboul constituent un pot pourri. La profusion des nationalités d’origine additionnent au melting pot les saillies caractérielles et comportementales spécifiques à chaque région. Cosmopolitisme et diversité culturelle sont le fondement de la famille composite, « baroque » par conséquence logique.
Le baroque bascule sans transition : 1/ du mélange de genres littéraires, 2/aux péripéties et mode de vie de May , /3 au mélange de races et de cultures.
Baroque, l’époque française, lorsque May, l’héroïne, s’impose la discipline et la morale musulmanes dans un pays étranger prônant la diversité cependant l’interdisant par la condamnation de l’ostentation ou de sa visibilité qui est sa première expression. 
En effet, partie ailleurs, en France, pour se mieux libérer, pour se hisser à la mesure de ses ambitions, May est l’hôte de deux prisons : la première étant le regard de l’autre pour qui elle reste l’étrangère/l’algérienne. La seconde prison est ce choix délibéré de se distinguer par l’apparence vestimentaire, en d’autres termes d’être mieux recluse d’être autre dans ce même autre regard.
Les études universitaires de May, entreprises et achevées n’assurent ni bonheur, ni confort, ni rente. L’effort n’est pas à la dimension de l’ambition et de l’acquis. Poursuivies contre le gré et le choix quant au lieu et à la spécialité, elles n’aident en rien dans le parcours d’une vie et d’un vécu toujours contre le gré et le choix, aux antipodes du libre arbitre, de la volonté, de la décision.
Pot-pourri de la rencontre avec les schismes de l’islam, le christianisme et une société négativement prévenue jusqu’au seuil de la xénophobie contre tout ce qui est algérien. Tout s’y côtoie et s’y mêle, image fidèle de la rue à une heure de pointe ou un jour de repos et d’effervescence. Image de la planète.
Réprouvée, maudite, mentalement bannie, confinée dans un ergastule de sous-entendus et d’allusions dont chaque membre de la famille est à la fois geôlier et bourreau, May est l’enfant surnuméraire, l’intruse au statut précaire par défaut de légitimité. Elle est mise au compte des exclus pour imprécision de statut et à celui des inclus pour l’iconiser bouc émissaire. Elle est responsable de la faute falote, probablement commise par sa mère. On lui impute l’entière responsabilité d’une immoralité supposée dont nul n’est témoin fiable ou digne de foi. L’indignité de l’adultère maternel la rend indigne de la famille.
Enfant au statut ambigu, May est tenue sous la férule de la persécution. Coupable d’être née, elle est coupable de tenir à la vie ou de rester en vie. Sa tante lui dit en page 16
« -Moi a ta place, je prendrais mon balluchon et je partirais. »
Son frère Sami ne manque pas de lui donner ce conseil pour se pendre en page 17 : 
« -Ben simplement, tu prends une corde, tu l’attaches à ton cou, tu attaches la corde à la poignée d’un placard assez haut et tu montes sur une chaise. »
May est invitée à partir ou à mourir. Entre ces deux termes seules les représailles la guettent, la sourde persécution et les reproches grimés. Elle les subit dans l’innocence des non initiés. Or, on l’initie au mépris et à la défaite jusqu’à la subite révélation assénée telle une sentence.
« – Je ne suis pas ton père, répondit-il d’une voix forte, manquant s’étouffer. » p29
« Sa mère avait répondu d’un air mystérieux, sceptique : 
-Ton père… ? »
May part et meurt. 
Elle part après un simulacre de mariage et une parodie de divorce qui se déroulent le même jour en présence de témoins. L’acte le plus solennel de l’existence est annulé dans la désinvolture d’une biffure sur une faute d’orthographe, de syntaxe devrais-je dire, car May est un personnage syntaxique. May est mariée à Kousin dont elle ignorait jusque là l’existence. Elle est sortie du lit pour assister à la grotesque cérémonie. Sortie de la torpeur de l’innocence elle est jetée dans l’horreur avec insouciance.
May part non pour les Usa son but premier, son ambition initiale, mais pour la France où elle poursuit des études refuge contre la déception de ne point réaliser ses authentiques attentes. Elle part pour réussir, elle meurt symboliquement d’échouer après un dur et âpre combat. L’échec est total : Echec familial, échec social, échec professionnel. 
May part même pour la Mecque l’ultime voyage du musulman en quête de rédemption, de résipiscence. Elle est de tous les départs pour des arrivées en des ailleurs non prévus et des voyages tourmentés de soubresauts, de détours et de haltes festives parfois, vite troublées ; intempestives souvent pour lui subtiliser son bonheur.
« Ad feminam » retrace le parcours d’une femme piégée par son entourage, sa société, rompus à et volontaires pour ce genre d’exercice : semer le doute, réduire la volonté, freiner l’allant, initier au mépris de soi. En effet May est maintenue dans l’ambigüité de son statut et de ses origines même par sa mère, complice de la cabale par le silence et les allusions. Les interventions dubitatives, narquoises et concises de la mère accroissent les incertitudes de la fille et précarisent son statut. Sur le campus en France, une fois May fiancée à Jawad, toutes ses connaissances féminines l’abandonnent. Etant mise sous le patronage d’un homme la solidarité de ses consœurs ne joue plus.
Ainsi, le projet sociétal au féminin est-il mis en échec par la mobilisation des femmes elles-mêmes autour de l’échec dans leur souci de conservation d’une image de la société en se faisant respectueuses de valeurs et usages obsolètes et oblitérés par les combats et les luttes. La tacite, sournoise, insidieuse et indéfectible complicité joue systématiquement et dans tous les cas contre toute clairvoyance, fidèle à toutes les obnubilations.
Dure, déplaisante la réalité ne laisse qu’un exutoire : le délire, l’imaginaire, la folie.
Par son écriture et à travers elle, par le recours aux mélanges des genres et des styles, Yano las, tient de multiples discours subtilement et solidairement imbriqués au point qu’il est difficile de se suffire d’une première lecture tel que je l’ai fait, pour les découvrir.
Le dialogue entre les genres est générateur de sens et rénovateur de l’essence même du discours initialement tenu. De l’ordre maintenu au prix d’une discipline coercitive et mentale au désordre obtenu grâce à une autre discipline, la mise en opposition révèle autant l’évolution que la révolution et exhorte au soutien de la première et prévient des effets de la seconde.

BOURBOUNE FATEH.

 
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Publié par le juillet 24, 2013 dans May aime l'actualité

 

Ad feminam

 Ad feminam est mon premier roman , disponible en lecture gratuite pour lancement  sur wobook
http://www.wobook.com/WBGc69g5c00Q/Yano-Las/Ad-feminam.html
Son site officiel est :
http://www.syblio.com/ad-feminam

A toute personne ayant vécu ou connu une situation ad hominem

une attaque  contre sa personne,  sa logique,  sa bonne foi,

son honnêteté,  son intelligence,

Ce livre se présente comme

un Argumentum ad feminam :

« Écoute, observe et tais-toi, si tu veux vivre. »

 Audi, vide, tace, si vis vivere

Bonne lecture

 
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Publié par le janvier 17, 2013 dans May aime la lecture

 

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Autant en emporte l’esprit

« Dans ta vie, ne fais confiance qu’à ceux qui peuvent voir,

Ta peine derrière ton sourire,

l’amour que tu as malgré ta colère,

et la raison de tes silences ». © J.T

Fille de l’ombre, mirage des sables chauds d’Algérie,

Transportée orpheline des vents au-dessus des mers,

Aulofée soudainement à la Suissitude,

Alternant Big bang et Big Crunch littératures,

Créant ainsi un algorithme toujours en expansion,

Elle transpose sa loi en galerie d’émotions.

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Yano StelLas,

Vois la nébuleuse vers toi naissant…

Comme la vague, elle s’emporte et roule avec fracas,

Pour se jeter sur la berge, en milliers de perles et d’éclats,

Son cœur bat le ressac,

Contre le rocher de l’indifférence… elle se fracasse,

Dans ses élans de cœur, elle défonce l’arsenal de notre humanité défaillante,

Sans cesse, elle revient ondulante de force, éclaboussant de ses maux

brûlant les sens, écume aux bords des peines, elle se débat passionnée,

Oeuvrant pour asseoir un monde d’allure épurée.

esprit

Yano Bien Las,

Accorage des pauvres vers toi suppliant…

Dieu comme amer, phare pour l’âme qui prie,

Lui tend le don de ses vers, et son Nom parle colère,

Il tombe des bombes comme il tombe la nuit,

Il fait chaud même en décembre, pépins absent du fruit,

Einstein lui dit c’est planétaire,

La bêtise a gagné la terre,

Intelligents vivez sous verre !

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Yano Voie Las,

Ecoute ta Foi en toi vibrante.

Son corps tendu comme un arc, vogue toujours de l’avant,

L’auto cap  dessine le temps présent,

Elle se tient face aux vents, rêve éveillé,

Embruns salés murmurent remerciements,

A sa figure de proue « maman du firmament »

Et quand pour elle viendra le signe,

Du destin écrit par ses lignes…

esprit

Yano Etre Las,

Crie ta liberté à toi, Femme goéland.

Sur cette galère qu’est notre éphémère,

Elle est un être solitaire, rompue à tout bien faire,

A l’ombre du vrai surgit la lumière de la raison,

D’une vérité que le monde n’ignore,

Quand les mots ne veulent plus rien dire,

Elle leur invente des sens, des silences encore…

Il faut s’aimer pour se lire

esprit

Yano Voix Las,

Entend ta poésie vers toi clamant…

Oubli de soi vagues de mère, bleus à l’âme,

Chérubins plages de rires, lueurs d’avenir en couleur,

Liens de sang irréversibles, senteurs de bonheur,

Elle laisse-être les ondes corpuscules et les interférences,

Elle se fond dans l’intime, puisant dans l’inédit,

Les mots qui font « mât » et esquivent les dérives.

Elle tient la barre oscillante des jaunes et des safrans,

Tout est nuance…culte de la vertu, fauvisme de l’essence.

Braises colère et douleurs

Yano Top Las,

Vois ton œuvre vers toi venant…

Vous procurer les recueils de Poésie de Yano Las sur lulu.com

Autant emporte l’Esprit © Yano Las

Braises, Colères et Douleurs © Yano Las

Marie-Christine Dehove © Frenchwritersworldwide.com

http://www.frenchwritersworldwide.com/book-of-the-month/autant-en-emporte-lesprit

 
2 Commentaires

Publié par le novembre 27, 2012 dans May aime la poésie

 

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