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L’humanité n’est jamais atteinte mais se conquiert toujours

27 Juil

Qu’est-ce qui caractérise l’homme entre tout ? Qu’est-ce qui fait que l’humain n’a rien de comparable avec tout le reste ? Jean Pic de la Mirandole, philosophie italien du XVème siècle, nous donne une explication dans son Discours sur la dignité de l’homme :

« Le parfait artisan décida finalement qu’à celui à qui il ne pouvait rien donner en propre serait commun tout ce qui avait été le propre de chaque créature. Il prit donc l’homme, cette œuvre à l’image indistincte, et l’ayant placé au milieu du monde, il lui parla ainsi : « Je ne t’ai donné ni place déterminée, ni visage propre, ni don particulier, ô Adam, afin que ta place, ton visage, et tes dons, tu les veuilles, les conquières et les possèdes par toi-même. La nature enferme d’autres espèces en des lois par moi établies. Mais toi, que ne limite aucune borne par ton propre arbitre, entre les mains duquel je t’ai placé, tu te définis toi-même. »

Ainsi, l’homme se distingue dans le monde par sa faculté à produire ce qu’il lui est possible de faire. La possibilité appartient à l’être humain, contrairement à la nécessité qui est une exclusivité animale. La bête fera ce qui lui a été donné de faire ; l’homme décidera ce qu’il veut faire, parce qu’il est un généraliste, et non un spécialiste comme le sont les espèces animales. Jean Pic de la Mirandole reprend l’idée du mythe prométhéen. Compte tenu de sa nudité originelle, l’être humain ne peut survivre que dans la liberté. De là découle une éthique, comme le propose Pic de la Mirandole :

« Je ne t’ai fait ni céleste ni terrestre, ni mortel ni immortel, afin que, souverain de toi-même, tu achèves ta propre forme librement, à la façon d’un peintre ou d’un sculpteur. Tu pourras dégénérer en des formes inférieures, comme celle des bêtes, ou régénéré, atteindre les formes supérieures qui sont divines. »

Avec la liberté, l’homme est le seul être capable de s’élever, d’être plus que ce qu’il était à sa naissance, d’évoluer son existence durant. Mais étant par nature libre, l’élévation ne lui est pas donnée. L’homme peut inversement devenir moins que ce qu’il était. L’humanité ainsi n’est pas un aboutissement ; elle n’est jamais atteinte mais se conquiert toujours.

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1 commentaire

Publié par le juillet 27, 2011 dans May aime la philosophie

 

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Une réponse à “L’humanité n’est jamais atteinte mais se conquiert toujours

  1. ❧ ❦ Rosy'n ❦ ❧

    juillet 27, 2011 at 7:11

    C’est très vrai !

     

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