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L’e-réputation mérite réflexion

26 Juil

L’e-réputation est aujourd’hui un sujet galvaudé, qui se trouve toujours au centre des questions que se posent les entreprises, dans la définition de leurs stratégies online. Les consultants, spécialistes, et autres experts des réseaux sociaux développent tout un argumentaire sur l’image que l’on doit donner sur Internet, et sur la façon d’y parvenir.
Pourquoi autant d’analyses, autant d’infographies, autant d’outils consacrés à ce sujet ?
L’e-réputation, question existentielle
C’est sans doute que la question de l’e-réputation est une question existentielle, au sens propre. C’est-à-dire une question d’existence. Nicole Aubert, professeur à l’ESCP, et Claudine Haroche, directrice de recherche au CNRS, sociologue et anthropologue (*), ne s’y trompent pas, dans leur ouvrage Les Tyrannies de la visibilité, Être visible pour exister ? aux éditions Erès.
Dans un article paru dans Le Monde du lundi 21 février, voilà ce qu’elles soulignent, à ce propos :
“[Aujourd’hui], il faut rendre visible l’activité de chacun sous peine qu’elle ne soit pas prise en compte. L’individu est considéré, jugé, à travers la quantité de signes qu’il produit et il est incité à en présenter de façon incessante”.
Selon ces deux spécialistes, l’injonction “je suis vu donc je suis”, a de réelles conséquences, notamment sur ce que l’on décide de cacher, de garder pour soi. “L’espace intérieur, la part de soi-même la plus profonde ne se donne pas à voir. En acceptant d’être réduits à ce que nous offrons au regard, que devient cette intimité de soi qu’on appelait le for intérieur ?”, écrivent-elles. Et d’ajouter : “On peut se demander si la possibilité de conserver un espace intérieur ne constituera pas bientôt un enjeu civilisationnel majeur”.
Faut-il être visible pour exister ou, comme je le soutenais dans un précédent post (“Je me fais suivre, sur Twitter”) exister pour être mieux suivi, accepté, apprécié (“suis-moi, car je suis moi”) ? L’un ne va pas sans l’autre, sans doute. La visibilité est bien peu de choses si l’on ne donne rien à voir.
Reste que si l’on expose son intimité au regard des autres, celle-ci devient une “extimité”, pour reprendre l’expression du psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron.
Le retour de l’honneur
Mais il faut s’arrêter un peu plus sur la notion même de réputation. Si j’ouvre un dictionnaire, je tombe d’abord sur l’étymologie du mot : en latin, reputatio signifie – littéralement – “évaluation”. Il s’agit donc bien d’être “considéré, jugé” comme l’écrit Claudine Haroche.
La définition du mot, qui arrive ensuite, précise les choses : la réputation, c’est “le fait d’être honorablement connu du point de vue moral”. Il s’agit donc non seulement d’une question d’existence, mais aussi d’une question d’honneur.

“Il est plus facile de s’arranger avec sa mauvaise conscience qu’avec sa mauvaise réputation”. Nietzsche

L’honneur avait une place considérable dans notre société, aux siècles précédents. Laver son honneur, cela signifiait quelque chose. Surtout lorsqu’on le lavait dans le sang.
Je ne peux m’empêcher de faire le rapport avec la situation actuelle. Il ne s’agit plus de laver son honneur, aujourd’hui, mais de nettoyer sa réputation en ligne. On est dans le même champ lexical, même si c’est légèrement moins violent désormais.
Toujours est-il qu’une réputation se fait, se défait, mais qu’il en reste quelque chose. C’est un élément fondamental, qu’il faut prendre en considération. Ce qui se passe sur Internet demeure pour le moment inscrit dans le marbre virtuel.
Une mauvaise réputation peut sérieusement nuire à un homme. A fortiori à une entreprise. D’où l’importance du personal branding, cher à Fadhila Brahimi.

“Au village, sans prétention, j’ai mauvaise réputation, qu’je m’démène ou qu’je reste coi, je passe pour un je-ne-sais-quoi”. Brassens

Les médias sociaux sont un champ d’honneur. Chacun y bataille pour défendre une partie de lui-même. Nombreux sont ceux qui croisent le fer. Nicolas Bordas organisera bientôt sur son blog des joutes d’internautes. L’honneur revient donc au centre.
De l’e-réputation à l’e-répudiation
Dans l’absolu, mal gérer sa réputation peut être préjudiciable. Effet de rejet, de rupture, de bannissement. En un mot, e-répudiation.
On se souvient de Jessi Leonhardt, une Américaine de 11 ans, qui est devenue en quelques jours le bouc émissaire de centaines d’internautes, payant au prix fort une forme d’arrogance qui ressortait des vidéos qu’elle postait d’elle-même sur Internet.
Comment conclure ce billet ? Peut-être en rappelant la phrase de Shakespeare : “La réputation est un préjugé vain et fallacieux : souvent gagnée sans mérite, et perdue sans justice« .
(*) spéciale dédicace à Michelle

Source

 

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2 réponses à “L’e-réputation mérite réflexion

  1. nuage1962

    juillet 26, 2011 at 2:47

    Je ne connaissait pas Jessi Leonhardt alors j’ai chercher et j’ai trouvé .. disons que l’exemple exprime bien ce que tu veux dire sur la réputation .. c,est un fait que des personnes se détruisent eux meme par leur faute
    C’est une des raisons que je ne chatte pas, ni apparait dans des vidéos et je dis tjs a mes enfants de faire attention a ce qu’ils disent surtout que maintenant bien des employeurs vont chercher des profils de leur employés ou futur probable employés sur différents clubs sociaux sur internet

     
  2. Yano

    juillet 27, 2011 at 2:04

    Pour les enfants , j’ai lu un article ou on disait que les enfants devaient tous changer de nom à 18 ans, car les ados livrent toute leur vie sur le net.

    Pas simple , la vie d’aujourd’hui. Mais elle est la même pour tous…les internautes.!!

     

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