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Etre heureux ça s’apprend!

17 Jan

Le confort moderne n’y change rien, le bonheur reste un but pas si facile à
atteindre. Bonne nouvelle: désormais, la vie en rose, ça s’enseigne.
Séminaires, livres, coaches… La vague positive débarque en Suisse
romande.

Tapez «bonheur» sur Google: le nombre de résultats – 20 500 000 – montre combien le sujet est crucial. Des
milliers de sites internet, de livres, de forums et de gourous apparaissent sur votre écran, vous promettant de
(re)trouver en un seul clic la joie et la bonne humeur. Le paradoxe est là: bénéficiaires d’un confort extraordinaire,
vivant dans une société où tout semble possible, le bonheur continue pourtant à nous échapper, et l’atteindre
reste notre préoccupation N° 1. Dans le même temps, on découvre qu’être heureux, ça s’apprend. Plus besoin de
se contenter d’espérer, on peut agir, ici et maintenant. Venu des Etats-Unis et de l’Inde, le mouvement du mieux
vivre fait irruption en Europe et donc en Suisse romande. Clubs, cours, séminaires sur le sujet y abondent, et un
livre, le Petit cahier d’exercices pour voir la vie en rose , vient de paraître (chez Jouvence), rédigé par le
psychologue romand Yves-Alexandre Thalmann. Selon ce dernier, la potion magique tient en trois chiffres: «50%
de facteurs génétiques, 10% de circonstances extérieures… et 40% d’entraînement.» Ce psychologue spécialisé
en développement personnel, docteur en physique des particules par ailleurs, estime donc que les circonstances
n’ont pas vraiment d’impact sur le bien-être. «Si vous croyez qu’il faut être riche, beau, diplômé ou en bonne
santé pour être heureux, vous avez tout faux, affirme-t-il avec un grand sourire. A partir du moment où vous
subvenez à vos besoins vitaux, avoir une ou cinq voitures ne changera rien. La chirurgie esthétique, exceptée
pour les malformations, est inefficace. Les universitaires ne sont pas les gens les plus heureux… Et j’ai connu
des gens atteints de sclérose en plaques qui étaient profondément satisfaits de leur existence! Quant à la
prédisposition léguée par les parents, nous n’y pouvons pas grand-chose.»

Reste donc à entraîner son esprit au bonheur, une idée qui nous a été étrangère pendant des siècles. Bien sûr,
les exercices spirituels font partie des religions monothéistes qui sont notre héritage, mais il s’agissait plus
souvent de rester ferme face à la tentation que d’apprendre la joie. L’ère industrielle, elle, nous a davantage
enseigné à maîtriser notre environnement que nos émotions intérieures. Résultat, la discipline du bonheur,
fondée sur une réflexion scientifique, n’est apparue qu’assez tardivement dans nos sociétés occidentales.
Inventée aux Etats-Unis dans les années 90, elle a un nom: la psychologie positive. Willibald Ruch, l’enseigne à
l’Université de Zurich. «Les psychologues se sont rendu compte qu’ils s’occupaient principalement du 30% de la
population qui va mal, explique-t-il. La question s’est alors posée: comment améliorer la qualité de vie du reste
des gens qui souhaitent, eux, améliorer leur bien-être?»
Positiver, une discipline
Le mouvement était lancé. Désormais, même la prestigieuse Université Harvard s’y est mise: les cours de
psychologie positive y remportent un succès fou, et des cours sont désormais aussi donnés dans d’autres
institutions du même calibre, comme Stanford et Yale. Plus près de chez nous, en Argovie, des élus veulent
lancer une initiative pour l’enseignement du bonheur à l’école obligatoire. Les cours fleurissent. Y compris en
Suisse romande. Yves-Alexandre Thalmann l’atteste: les séminaires tous publics qu’il organise certains weekends,
notamment à Fribourg, ont toujours plus de succès. Mais pourquoi a-t-on dû attendre si longtemps pour
apprendre à être plus heureux? «La faute à l’école et à l’éducation d’antan!» souligne Yves Alexandre Thalmann.
«Au lieu de nous apprendre à gérer nos émotions, on nous a bourrés le crâne avec des connaissances et exigé
notre conformité aux attentes de la société. Résultat: ceux qui viennent à mes séminaires sont souvent furieux
qu’on ne leur ait pas appris des choses toutes simples, mais si importantes pour être bien avec soi-même!»
La joie des détails
Ces «choses toutes simples» (lire ci-contre), Yves-Alexandre Thalmann en parle non seulement dans ses
séminaires, mais aussi dans ses cahiers d’exercices pratiques publiés. Pour lui, le bonheur, c’est ici et
maintenant, dans les petites choses, et c’est possible. L’état d’esprit positif se cultive par des exercices quotidiens
comme d’exprimer sa gratitude à notre entourage, ainsi que des plaisirs simples. Un exemple: installer la
machine à café à côté de son lit pour le boire bien au chaud, comme Patricia qui estime qu’«être heureux, ça
dépend d’abord de soi. Et du temps qu’on a.» Celle-ci n’hésite donc pas à s’octroyer des moments où elle ne fait
rien. «Je m’assieds dans le jardin et je regarde les chats passer, les oiseaux chanter.» Il existe aussi des gestes
de bien-être auxquels on ne pense peut-être pas toujours: allumer des bougies en rentrant à la maison, se
vautrer dans son canapé en toute bonne conscience ou diffuser des huiles essentielles.
Apprendre à se dérider
Et pour développer l’esprit positif ailleurs que chez soi, les initiatives originales ne manquent pas. Les clubs de
rire, par exemple – si, si, ça existe. Le concept est simple: on se réunit, une fois par semaine, avec des gens qui
sont prêts, comme vous, à rire de bon coeur en faisant des activités drôles et relaxantes, comme la posture de
l’ours qui se gratte. Vous ne voyez pas? Il s’agit de se frotter dos à dos avec un autre pratiquant… Au bout d’un
moment, rires assurés. Le concept nous vient tout droit d’Inde. Le Dr Kataria était un adepte du yoga du rire.
Convaincu de ses bénéfices sur la santé et le mental, il voulut rendre le concept accessible à un large public. Un
matin de l’année 1995, très enthousiaste, il se rendit dans un parc et réunit plusieurs dizaines de personnes pour
une séance de blagues. Manque de bol, au bout de trois jours, tout le monde avait épuisé son répertoire… Le
médecin développa alors sa méthode: une heure de détente pour se mettre en condition (stretching, relaxation)
puis des exercices drôles pour se faire rire.

Se marrer en choeur, un concept étrange? Comme Sacha (lire son témoignage ci-contre), » Pirouette »  est
un inconditionnel. Professeur au club de rire de Genève, ce bon vivant assure qu’on ressent «les bienfaits du rire
dès la troisième séance. Il ne s’agit pas d’établir une tyrannie de la bonne humeur superficielle, mais de se faire
du bien». Et de se sentir un peu mieux, un peu plus heureux, tous les jours. Car en définitive, il ne s’agit pas d’un
but qu’on peut atteindre pleinement et en permanence. Non. Le bonheur «est un chemin, avec des hauts et des
bas», rappelle Yves-Alexandre Thalmann. Mais un chemin capital. Car comme le disait si bien le grand Voltaire:
«La grande affaire et la seule qu’on doive avoir, c’est de vivre heureux.»
Les Suisses ces bienheureux
Oui, la Suisse est le troisième pays le plus heureux au monde, et ce n’est pas une blague. Seuls le Danemark et
la Suède font mieux que nous. Encore faut-il savoir ce qu’on entend par «bonheur». Willibald Ruch, prof de
psychologie positive à l’Uni de Zurich distingue deux types. «Il y a les sentiments de joie momentanés, provoqués
par le rire par exemple. Et puis il y a la satisfaction à long terme qui dépend de trois facteurs: les plaisirs qu’on
ressent, les engagements que l’on prend et qui nous motivent et surtout, le sens qu’on donne à sa vie. Or, les
Suisses sont parmi les gens qui s’engagent le plus fortement dans des activités qui ont un sens pour eux.»
Inventaire des petits riens qui égayent le quotidien

Dans «Petit cahier d’exercices d’entraînement au bonheur», Yves-Alexandre Thalmann donne des tuyaux pour
voir la vie en rose. Morceaux choisis.

1. Dressez une liste des petites choses qui pourraient vous rendre (plus) heureux et mettez-en quelques-unes en
pratique, au moins une fois par jour.
2. Changez votre manière de parler. A la poubelle, les mots «échec», «impossible», «nul», «ratage». Parler
différemment peut vous aider à penser autrement: «apprentissage», «essai»,…
3. Exprimez votre gratitude par oral ou par écrit, au moins une fois par semaine, à une personne que vous
côtoyez (conjoint, parent, ami, collègue). Mais faites-le vraiment!
4. Faites preuve de générosité envers votre entourage: donnez de votre temps, partagez vos savoir-faire, offrez
des cadeaux.
5. Choisissez des activités qui font sens à vos yeux, pour lesquelles vous vous sentez utile. Et consacrez-y du
temps.
6. Ne faites pas les choses par habitude, concentrez-vous sur vos activités, les journées paraîtront plus remplies.
7. Prenez des points de comparaison favorables: n’enviez pas les plus riches, mais réjouissez-vous de ce que
vous avez (tout le monde n’a pas votre chance). Exemple: coincé dans un embouteillage, ne pestez pas mais
appréciez les autoroutes en bon état…
8. Trouvez des activités (lecture, musique, etc.) qui vous captivent assez pour stopper la rumination mentale.
Rien de pire que de ressasser ses problèmes.

 
2 Commentaires

Publié par le janvier 17, 2011 dans May aime la psychologie

 

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2 réponses à “Etre heureux ça s’apprend!

  1. nuage1962

    janvier 17, 2011 at 11:13

    Bah si on peut aprendre a etre heureux se serait apprendre a vivre avec l’essentiel
    le bonheur c’est tjs une question d’attitude face aux événements, a la vie en générale

     
  2. Oceanelle

    janvier 18, 2011 at 1:04

    Magnifique leçon de vie ….. Bravo pour nous la donner aujourd’hui …. et c’est si vrai ….. merci pour tous ceux qui vont la mettre en pratique ….. Bisous

     

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