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Le plaisir en plus du désir pour juger qu’une chose est bonne

10 Jan

« Nous ne désirons aucune chose parce que nous la trouvons bonne mais, au contraire, nous jugeons qu’une chose est bonne parce que nous la désirons. »

 

Avec cette formule demeurée célèbre, Spinoza expose de façon concise ce qu’est le relativisme. Il n’existerait selon lui ni bien, ni mal, auquel l’homme serait soumis. A l’inverse, c’est l’humain qui commande ce qui est bon ou mauvais, la nature étant étrangère à toute action ou disposition, qu’elle soit bénéfique ou maléfique. Il en est de même du désir d’après Spinoza et il nous invite à bien comprendre cela, le philosophe d’Amsterdam estimant que c’est le désir, avec la volonté de persévérer dans son être, qui est le moteur de tout engagement humain. Même les structures transcendant l’individu, dans lesquelles l’homme se trouve être pris et qui donc interfèrent dans ses choix, ont pour commencement une force désirante qui anime chacun. Le désir serait à l’origine de tout en joignant le corps et l’esprit, mais aussi par sa résonance éthique. Spinoza n’est ni idéaliste, ni matérialiste, ou plutôt il est les deux à la fois en reconnaissant un fondement universel, la Substance, qui dépasse toute disposition corporelle et spirituelle. Spinoza définit notamment, dans l’Ethique, cette Substance comme « ce qui est en soi et est conçu par soi, c’est-à-dire ce dont le concept n’a pas besoin du concept d’une autre chose pour être formé ». La Substance n’est cependant pas transcendante, celle-ci et ses attributs étant une seule et même chose. Elle est dans tout ; elle est immanente. Et le désir, comme la joie et la tristesse, est une de ses manifestations. On peut s’accorder avec la proposition spinoziste quant au rôle primordial du désir dans les affaires humaines. Mais le principe n’est à mon sens pas applicable pour tout. Le rapport de l’homme avec la nourriture par exemple semble y échapper, en s’inscrivant dans une logique inverse de celle énoncée par Spinoza. En effet, avant de faire d’un plat un met délicieux et ainsi un objet de désir, encore faut-il le trouver bon. Le goût dans ce cas précède le désir. Et même si l’on désire une cuisine sans en connaître la saveur, de par son apparence, rien ne nous dit qu’on la trouvera bonne une fois avalée. Le désir s’associe également avec le plaisir. Autrement dit, ce qui est bon est effectivement ce qui est désiré, mais pour qu’il le reste, encore faut-il qu’il plaise, ce que ne relève pas l’énoncé de Spinoza.

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1 commentaire

Publié par le janvier 10, 2011 dans May aime la philosophie

 

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Une réponse à “Le plaisir en plus du désir pour juger qu’une chose est bonne

  1. Oceanelle

    janvier 11, 2011 at 8:38

    Le désir est le parfum ….le plaisir , ce qu’il en reste. Bisous

     

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