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Simone de Beauvoir

05 Jan



C’est au sein du transitoire que l’homme s’accomplit, ou jamais.

 

C’est dans la connaissance des conditions authentiques de notre vie qu’il nous faut puiser la force de vivre et des raisons d’agir.

 

C’est par le travail que la femme a en grande partie franchi la distance qui la séparait du mâle; c’est le travail qui peut seul lui garantir une liberté concrète.

 

Ce qu’il y a de scandaleux dans le scandale, c’est qu’on s’y habitue.

 

Choisir la vie, c’est toujours choisir l’avenir. Sans cet élan qui nous porte en avant nous ne serions rien de plus qu’une moisissure à la surface de la terre.

 

Comment mesurer la souffrance et la joie? Peut-on comparer le poids d’une larme au poids d’une goutte de sang?

 

Dans toutes les larmes s’attarde un espoir.

 

En un sens le mystère de l’incarnation se répète en chaque femme; tout enfant qui naît est un dieu qui se fait homme.

 

Entre deux individus, l’harmonie n’est jamais donnée, elle doit indéfiniment se conquérir.

 

Il me semblait que la terre n’aurait pas été habitable si je n’avais eu personne à admirer.

 

 

Ils se contentent de tuer le temps en attendant que le temps les tue.

 

L’homme est libre; mais il trouve sa loi dans sa liberté même.

 

L’homme ne peut s’éclairer par Dieu; c’est par l’homme qu’on essaiera d’éclairer Dieu.

 

La femme est tout ce que l’homme appelle et tout ce qu’il n’atteint pas.

 

La mort semble bien moins terrible, quand on est fatigué.

 

Le bonheur: comme une raison que la vie se donne à elle-même.

 

Le couple heureux qui se reconnaît dans l’amour défie l’univers et le temps; il se suffit, il réalise l’absolu..

 

On ne meurt pas d’être né, ni d’avoir vécu, ni de vieillesse. On meurt de quelque chose.

 

On ne naît pas femme! On le devient.

 

Qu’est-ce qu’un adulte? Un enfant gonflé d’âge.

 

Quand vraiment on ne veut plus aimer, on n’aime plus: mais on ne veut pas à volonté.

 

Se vouloir libre, c’est aussi vouloir les autres libres.

 

Si l’on vit assez longtemps, on voit que toute victoire se change un jour en défaite.

 

Si seulement on pouvait être tout à fait pour, ou tout à fait contre!

 

Si un seul homme peut être regardé comme un déchet, cent mille hommes ensemble ne sont qu’un tas d’ordures.

 

Vivre, c’est vieillir, rien de plus.

 

Beauvoir, Simone de (1908-1986), femme de lettres et intellectuelle française. Née le 9 janvier 1908 à Paris dans un milieu bourgeois traditionnel et catholique, Simone de Beauvoir est d’abord une « jeune fille rangée », comme elle se décrit elle-même, mais elle affirme assez rapidement son anticonformisme: après des études classiques qui la mènent en 1929 jusqu’à l’agrégation de philosophie —où elle fut reçue première—, elle refusa de se conformer à son destin tout tracé de mère et d’épouse. Sa rencontre avec Jean-Paul Sartre, qui passait l’agrégation la même année qu’elle, fut décisive: « Ce fut l’événement capital de mon existence », écrit-elle dans Tout compte fait (1972). Simone de Beauvoir noua en effet avec Sartre une relation de complicité amoureuse et intellectuelle qui dura jusqu’à la mort de Sartre, en 1980. Avec lui, elle mit en pratique un certain nombre des principes qui fondent sa conception de la femme et du couple, puisqu’ils ne se marièrent jamais, ne vécurent pas ensemble et s’autorisèrent des liaisons hors de leur couple, établissant parfois ensemble des relations triangulaires avec une tierce personne. Ce mode de vie très libre n’était pas dissocié, pour Simone de Beauvoir, de la réflexion qu’elle mena, sa vie durant, sur la condition féminine, l’engagement et le rapport à l’autre. Après avoir enseigné la philosophie, elle entra comme rédactrice à la revue les Temps modernes, dirigée par Sartre. Intellectuelle engagée et curieuse de tout, elle voyagea beaucoup, visitant successivement les États-Unis et la Chine, plus tard Cuba et l’URSS. Sa philosophie —l’existentialisme— et sa situation d’intellectuelle de gauche furent remises en cause par les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. La mort de Sartre, en 1980, lui inspira la Cérémonie des adieux (1981). Elle-même s’éteignit à Paris le 14 avril 1986.

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4 réponses à “Simone de Beauvoir

  1. Oceanelle

    janvier 5, 2011 at 11:24

    Ah! Quelle femme …..merci pour ce billet qui nous la rappelle ….. ainsi que ses écrits ….je l’aime cette femme ! Pour tout ce qu’elle est! Bisous

     
    • Yano

      janvier 5, 2011 at 3:40

      N’est ce pas!!

      je viens de la découvrir seulement aujourd’hui au hasard de mes surfs. J’ai voulu en savoir plus rapidement , alors j’ai cherché ses citations et je regrette déca de ne l’avoir pas lue plutôt. Quelle perte de temps, que le dommage.
      Elle est merveilleuse. Simplement sublime.

       
  2. Anne Hecdoth

    janvier 5, 2011 at 2:14

    Moi j’ai lu « La Femme rompue – Monologue – L’Age de discrétion ».
    Je cite : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. C’est dans le désarroi, la tristesse, quand on se sent brisé ou dépossédé de soi-même qu’on éprouve le besoin de se raconter. J’ai voulu faire entendre ici les voix de trois femmes qui se débattent avec des mots dans des situations sans issue. L’une bute contre une inéluctable fatalité, celle de l’âge. la seconde conjure par un monologue paraphrénique la solitude où l’a jetée son égoïsme éperdu. La femme rompue est la victime stupéfaite de la vie qu’elle s’est choisie : une dépendance conjugale qui la laisse dépouillée de tout et de son être même quand l’amour lui est refusé. On chercherait en vain des moralités dans ces récits ; proposer des leçons, non ; mon intention était tout autre. On ne vit qu’une vie mais par la sympathie on peut parfois sortir de sa peau. J’ai souhaité communiquer à mes lecteurs certaines expériences auxquelles j’ai ainsi participé. Je me sens solidaire des femmes qui ont assumé leur vie et qui luttent pour la réussir ; mais cela ne m’empêche pas – au contraire – de m’intéresser à celles qui l’ont plus ou moins manquée et, de manière générale, à cette part d’échec qu’il y a dans toute existence. »

     
  3. Yano

    janvier 5, 2011 at 3:37

    C’est vraiment une grande dame cette Simone de Beauvoir.
    La femme rompue est un livre à mettre entre les mains de toutes le femmes.
    je me retrouve et me sens concernée par ses propos, assez pour courir me acheter ses ,livres
    Merci pour cet enrichissant partage
    Au plaisir de te relire.

    Yano

     

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