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Archives Mensuelles: octobre 2010

Blowing in the wind (Soufflé Dans Le Vent)

Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l’appeliez un homme ?
Oui, et combien de mers la colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable ?
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant d’être interdits pour toujours ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

Combien d’années une montagne peut-elle exister
Avant d’être engloutie par la mer ?
Oui, et combien d’années doivent exister certains peuples
Avant qu’il leur soit permis d’être libres ?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu’il ne voit rien ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

Combien de fois un homme doit-il regarder en l’air
Avant de voir le ciel ?
Oui, et combien d’oreilles doit avoir un seul homme
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ?
Oui, et combien faut-il de morts pour qu’il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

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Souffrir

Dans toute souffrance intime solide vient un moment où même le rêve et l’espoir ne servent plus à rien.Romain Guilleaumes (Reliefs et Digestifs)

L’homme a beaucoup appris qui a beaucoup souffert. La Chanson de Roland

L’homme est un apprenti, la douleur est son maître,
Et nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. Alfred de Musset

Vivre c’est apprendre et apprendre c’est souffrir. Pour oublier, il n’y a que mourir. Romain Guilleaumes

La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d’en souffrir. Gustave Flaubert

Vous avez peur de vivre parce que vivre c’est prendre le risque de souffrir. Arnaud Desjardins

Ton amitié m’a souvent fait souffrir ; sois mon ennemi, au nom de l’amitié. William Blake

Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres. Honoré de Balzac

Un conseil, pour moins souffrir : ôte-toi de la cervelle que tu as le pouvoir de gouverner ta vie. Laisse aux autres cette illusion. Henri Gougaud

Les plaintes de la souffrance sont à l’origine du langage. Raymond Queneau

Lorsqu’on souffre d’une vraie souffrance, comme on regrette même un faux bonheur ! Armand Salacrou

Seul ce qui ne cesse de nous faire souffrir reste dans la mémoire. Friedrich Nietzsche

Un homme doit être sûr de sa morale pour la simple raison qu’il doit souffrir pour elle. Gilbert Keith Chesterton

A part le doute, c’est le doute de croire qui fait le plus souffrir. Jean-Michel Wyl

L’amour de la justice n’est pour la plupart des hommes que la crainte de souffrir de l’injustice. La Rochefoucauld

Espérer, c’est déjà moins souffrir. Guy de Maupassant

Souffrir passe. Avoir souffert ne passe pas. Louise-Marie de France

C’est une loi : souffrir pour comprendre. Eschyle

C’est un poids bien lourd pour un seul coeur de souffrir pour deux. Euripide

On ne souffre pas seul, on souffre toujours avec ceux qui souffrent à cause de votre souffrance. Elie Wiesel

La maladie est une réponse, une pauvre réponse que l’on invente à une souffrance. Christian Bobin

La mer des souffrances est sans limites. Gao Xingjian

Celui qui se transforme en bête se délivre de la souffrance d’être un homme. Terry Gilliam

Ceux qui s’enferment dans la souffrance le font pour se protéger de la sympathie d’autrui. Yvon Rivard

La souffrance humaine n’a pas de limites. Si on la regarde de trop près, elle nous aspire et nous dissout. Fernand Ouellette

C’est bizarre comme la souffrance peut donner à un visage une expression d’intelligence. Claire Mondat

Au contact de la souffrance, on ne peut faire autrement que de rencontrer sa propre humanité. Reine Malouin

Etre poète, c’est cultiver le jardin de ses souffrances. Louise Portal

Personne ne saurait en finir. On peut changer de souffrance. On ne peut supprimer la souffrance. Henri Troyat

Le plus pur bonheur du monde renferme un pressentiment de souffrance. Goethe

La souffrance d’autrui est chose qui doit s’apprendre. Friedrich Nietzsche

Qui sait tout souffrir peut tout oser. Vauvenargues

L’homme souffre si profondément qu’il a dû inventer le rire. Friedrich Nietzsche

La souffrance naît de la connaissance car on ne peut souffrir de ce que l’on ignore. Vouloir l’élévation des humbles par l’instruction est la plus perverse expression du sadisme. Romain Guilleaumes

L’intelligence est un double mal : elle fait souffrir et personne ne songe à la considérer comme une maladie. Martin Page

 
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Publié par le octobre 23, 2010 dans May aime la philosophie

 

La Souffrance

« Personne n’aime ce qu’il supporte, bien qu’il aime à supporter. On a beau se réjouir de supporter, on préfèrerait ne rien avoir à supporter. »

SAINT AUGUSTIN, Les Confessions.

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GRILLE DE LECTURE

La souffrance est une constante interrogation pour l’homme qui vit tranquille au milieu des siens. Il arrive des jours où tout semble s’écrouler autour de lui. Comme l’étranger camusien, l’homme ressent les limites de sa propre durée, rien ne semble justifier sa présence terrestre. « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis… » (Baudelaire), l’homme se demande si la vie vaut la peine d’être vécue, tant elle ressemble à une corvée interminable. Personne n’aime souffrir. Personne ne désire les peines et les tracas auxquels il est confronté. Rester homme, supporter patiemment l’adversité, faire contre mauvaise fortune bon cœur, ce n’est guère aimer la souffrance. Il n’est pas question d’aimer la souffrance, mais de la supporter en attendant des lendemains qui chantent. Dans les grandes épreuves, certains peuvent choisir d’arborer une mine agréable ou de les vivre joyeusement comme un signe de la providence. C’est peut-être ce qui fait dire à saint Augustin que personne n’aime ce qu’il supporte (puisqu’il la sup-porte), bien qu’il aime à supporter. On a beau se réjouir de supporter, on préfèrerait ne rien avoir à supporter. Les exemples ne manquent pas dans la vie ordinaire.

Voici un exemple tragique : le parent qui a donné tout ce qu’il a pour financer les études de son fils qu’on lui ramène mort par noyade à la piscine, fera le deuil de la perte de son fils, sans pour autant cesser de vivre. S’il choisit de rester au-dessus de la mêlée et de continuer à créer les conditions de son bonheur, cela ne suffit pas pour affirmer qu’il aime le malheur. Il n’est pas résigné certes, mais il supporte l’infortune à défaut d’y pouvoir quelque chose. Saint Augustin montre que dans l’effort qu’il fait de tout prendre avec égalité d’âme, il y a l’amour de l’attente patiente. Le parent éploré peut tout au plus aimer vivre dans une nouvelle expectative. Jamais, cette acceptation stoïque des événements ne doit apparaître comme l’amour des souffrances de la vie. Car selon notre auteur, personne n’aime supporter le mal. On peut seulement se réjouir de supporter. Même dans l’adversité, l’homme aspire toujours au bonheur comme il redoute l’adversité dans le bonheur. La vie est un théâtre fait de joies et de malheurs ; elle est remplie d’alternatives de grandes fortunes et de profonds désarrois. Entre adversité et bonheur, la vie ressemble à une corvée. Dans cet entre-deux, la souffrance vient comme pour dire à l’homme que les joies des prospérités du monde se corrompent.

Emmanuel AVONYO, op

 

http://lacademie.wordpress.com/2010/10/22/pensee-du-22-octobre-10/

 
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Publié par le octobre 23, 2010 dans May aime la philosophie