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Un train nommé Islam

15 Sep

Née musulmane dans une famille conservatrice, elle a naturellement grandi dans l’amour d’Allah et de l’islam.
Ses parents étaient des gens merveilleux , les plus grands , les plus beaux, les meilleurs.
Elle même avait été gâtée par la nature; elle était belle, sage , intelligente. On ne voyait qu’elle , ne vantait qu’elle; l’islam était une bénédiction.

Entourée par une grande fratrie, elle était attirée par les plus grands, préférait les discussions des adultes et se tournait naturellement vers ses grands frères qui en savaient toujours plus, répondaient à ses questions , la tiraient vers le haut.

Mon grand frère..ce héros.!

Très moderne ou très musulmane, la mère élevait sa famille sans faire de distinction entre les genres. Elle menait son petit monde à la baguette, dans une discipline quasi militaire. Filles ou garçon, toute le monde devait aider de la même façon, de la serpillère au balai, de la poussière aux courses.

L’âge de la scolarité arrivant , c’est avec une réel bonheur et une grande curiosité , malgré un estomac noué qu’elle prit le chemin de l’école, l’école de quartier.

La maitresse était divinement savante. Elle l’écoutait avec toute son attention , tout son cœur , son âme.
Plus tard c’est sur , elle serait elle aussi maitresse. C’est évident.

Parfois pourtant , la maitresse ne répondait pas, ne voulait pas, ne savait pas . Elle allait alors trouver réponse chez ses parents , qui étaient très fiers et très heureux d’avoir une fille si appliquée.

Et elle s’appliqua. Ses parents le valaient bien, l’aimaient comme ça.

Bavarde autant que vivante en classe, elle n’arrêtait pas de poser ds questions, contredisait le prof, demandait des preuves , des arguments.

Et les profs répondaient , accédaient à ses désirs, l’aimaient comme ça.

Et elle s’interrogea. Apprendre c’est remettre en cause, discuter, poser ses questions.

Jusqu’au jour ou la maitresse parla d’islam dans le cadre d’un cours de langue. la maitresse affirmait de choses qui n’étaient évidente que pour elle même. Elle lui demanda alors pourquoi. comme à son habitude . Et la maitresse dit , pas comme d’habitude: « c’est la preuve que tu as une foi faible » et éluda la question.

Atteinte au plus profond d’elle même, elle en oublia jusqu’à l’objet de sa question.
Elle avait 8 ans , aimait l’islam comme tout sa famille , du reste, qui était d’ailleurs et de loin plus croyante que la moyenne. Et pour cause , son père état imam
L’éducation était musulmane , les valeurs , les principes , l’éthique. L’islam se vivait , dans le bonheur, de manière naturelle, sans se poser..de questions.

Et elle venait justement d’en poser une de question, autour de la religion. Une question qui l’a trahie, et qui a prouvé aux yeux de toute la classe et ses propres yeux, à quel point sa foi était faible.

Faible ..la foi d’une fille d’imam?
Faible ..la foi d’une fillette de 8 ans qui avait déjà appris à l’école un dizaine de sourates?

L’islam était une honte.

Comment allait-elle le dire à son père, à sa mère, pour le vérifier, pour le changer…

Comment allaient -ils le vivre , le prendre , l’accepter.

La maitresse a dit….

Comment le savoir ..sans poser de questions..ces questions qui la trahissent…qui la démasquent..qui la dénoncent…

Pourquoi les questions sur l’islam sont elles la preuve d’un manque de foi ou de son absence!!!

Mais peu importe la question dans la mesure ou la vérité est tombée…la foi ..c’est de ne pas (se) poser de questions autour de ..la foi…

Désormais, elle allait devoir se cacher de sa famille, cacher sa vraie nature, si laide et si vilaine. Et elle savait très bien comment le faire.
avoir la fou c’est tout savoir sans apprendre et sans effort…sans poser de questions qui prouvent qu’on doute, qu’on n’est pas d’accord.

Depuis ce jour, elle regarda le monde sous un autre jour et particulièrement sa famille. Elle se replia sur elle même et garda ses interrogations pour elle.

Plus que jamais méditative et observatrice, elle vit naturellement sa mère apprendre la prière à tous ses frères et sœurs , sauf elle, sans l’appeler pour voir si elle savait.

Sa mère était fine..belle et intelligente..elle devait savoir, avait surement compris que sa fille était faible de foi et ne voulait pas la charger..l’embêter..

D’ailleurs tout prenait sens sous ce nouveau jour. Elle venait de s’apercevoir qu’on ne l’appelait jamais pour tout ce qui avait trait aux manifestations religieuses de quelques nature que ce soit.Toute le monde avait un tapis de prière personnel , à sa couleur , pas elle.

Elle n’avait même pas un exemplaire du Coran pour elle, le fameux jouz’e amma .Elle devait toujours emprunter celui de quelqu’un d’autre pour lire.

Elle décida alors d’arrêter de lire, ne pas y connaitre son sort..

Et elle se détourna. C’est ce que tout le monde voulait , attendait d’elle. Elle l’accepta.

Et le temps passa. et un jour elle rentra à l’université.

Elle fut choquée au delà de la surprise de voir que toute le monde la croyait pratiquante, faisait sa prière et était érudite en islam , tout bêtement parce qu’elle était fille d’imam.

A croire que la connaissance se transmettait par naissance ,par filiation

A croire que les enfants devaient nécessairement et en tous points suivre la voie de leurs parents…sélectivement , il va de soi.

Et elle se trouva de nouveau contrainte , dans un milieu pourtant intelligent et pas religieux , à se cacher , jouer un rôle, cacher son ignorance qui avait pris le relais du manque de foi.

Double actrice comme les doubles espions..elle était pieuse ici et occidentalisée là.

Un exercice périlleux, bête et stupide…qu’on lui imposait au nom de je ne sais quoi.

Récit d’une hypocrisie à double sens , religieusement imposée, orchestrée.

S’en suivit une dépression salutaire larvée et légitime que l’on appelle une crise existentielle.

Et une fuite à l’étranger pour y trouver sa vérité, le temps de vivre, de réfléchir , de se poser ses questions , les bonnes , les mauvaises et leurs réponses.

Et c’est tout naturellement qu’elle s’approcha des chretiens croyants d’un groupe biblique.

Un puissant appel à la foi la tiraillait , dont sa communauté l’avait exclue, et qui devenait lancinant , exigeait une réponse, une solution.

Ces réponses , elle a décidé de les avoir de manière indirecte et détournée. Pas d’autres choix.

Et elle les trouva. A son grand bonheur et autant de joie.

L’islam était une solution.

Vint alors l’épreuve de la pratique et de l’annonce de sa foi nouvelle, sa renaissance, sa conversion.

Se voiler paraissait le moyen le plus rapide et efficace de faire passer la pilule.

Elle le mit une fois mariée . Ce qui ne manqua pas de lever un tollé de réactions, d’indignation, de curiosité, d’intolérance

Mais ce n’est pas un voile, il n’est pas conforme, trop serré, on voit tes cheveux

Tu es malade ..ce ne sont pas des conditions pour le porter..c’est tout sauf une preuve de foi….faut attendre d’être bien guérie pour le porter..

Mais faut pas le porter en Europe..ce n’est pas malin….tu n’y gagnes rien, que des problémes…tu vas le regretter…

Prier publiquement en présence de sa famille, ne fut pas non plus de tout repos. Elle ne pouvait s’empêcher d’entendre les chuchotements de ceux qui disaient..ah bon elle prie ..elle..depuis quand...

L’islam..ou l’art de briser l’image d’une fille brillante et moderne à qui tout réussit…

L’islam ..ou la désillusion, la déception d’une communauté, à l’occident, qui ne répondait pas aux critères éducatifs exigeant dans lesquels elle avait été élevée.

Au point de vous interdire l’accès à la mosquée sur fond de « tafsir de Ibnou Kathir »

Et la menace d’une nouvelle dépression

Elle enleva donc le voile, avec une nouvelle vision du monde , une nouvelle conception de la vie, une nouvelle philosophie.

L’islam est une souffrance inouie..

Un déménagement , une nouvelle vie, de nouveaux amis et toujours au fond de soi , une amertume de ne pouvoir vivre à sa manière, d’être soi.

Le yoyo religieux fut sauf une bénédiction.

Plus qu jamais , elle ne pouvait revendiquer d’appartenance à aucun bord , aucune communauté , de cœur, de foi , ou d’esprit.

Quand on invoque votre islamité c’est pour vous dire que vous n’avez d’autre choix, d’autres options que de réciter des versets mal appris et incompris.

L’islam c’est pour vous dire que vous n’avez pas le droit à aucun doute , à la remise en cause intellectuelle, analytique, philosophique

L’islam c’est pour vous condamner à l’immobilisme , le statut quo, quand le monde bouge ,y compris eux.

L’islam….c’est moi , ceux que j’aime et pas les autres, surtout pas toi…

L’islam… c’est un occident colonial et un orient ennemi..

Sauf pour les personnes intéressées et/ou intéressantes…..

Mais l’islam c’est aussi un acte du coeur: aujourd’hui je résous les problémes de ma vie , et demain, je m’arrangerai, je me repentirai.

Qu’importe aujourd’hui puisqu’Allah est clément , miséricordieux et magnanime.

Demain sera musulman. InchAllah

Et la tête blanchit , la santé vacilla.

Une nuit le téléphone sonna: ton père est mort. Allah Akbar

Rentrée en urgence assister à l’enterrement, elle dit enfin adieu à ce qui jadis était soi, avait longtemps été elle

Meme pas moyen de faire la prière de janaza pour cause de maladie.

Elle…c’est l’enfant adoptée , non désirée.

L’islam est soumission.

Fin

 
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Publié par le septembre 15, 2010 dans May a des coups de coeurs, May aime l'islam

 

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