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La vie, la mort , l’espace

21 Nov

Question au philosophe

Aux environs de 15 ans, j’ai éprouvé un vif intérêt pour l’espace. j’aurais voulu tout savoir , tout comprendre, tout étudier: le ciel , les étoiles, les galaxies, le jour et la nuit, le soleil et la lune.
La question serait anodine si ce n’avait été qu’une simple curiosité intellectuelle, ou une passion d’adolescence interrogative.
Non mon interpellation était beaucoup plus profonde: je voulais  étudier l’espace pour y trouver les secrets de la vie et la mort.
Pourquoi cette sublimation du ciel et pourquoi relier le cosmos à la vérité de la vie et de la mort?
Question mystique ou purement philosophique puisque non scientifique, qu’en pensez vous?

Réponse du philosophe

“Mon interpellation était beaucoup plus profonde : je voulais  étudier l’espace pour y trouver les secrets de la vie et la mort. Pourquoi cette sublimation du ciel et pourquoi relier le cosmos à la vérité de la vie et de la mort? Question mystique ou purement philosophique puisque non scientifique, qu’en pensez vous?”

Les questions que vous posez sont celles qui ont occupé les grands savants depuis l’antiquité à nos jours. Et c’est une gageure pour moi de donner des réponses satisfaisantes. Je vais esquisser quelques pistes de réflexions en espérant que vous poursuivrez vos lectures pour vous faire votre idée de ces problèmes épineux. Qu’est-ce que l’espace ? Pourquoi la vérité, la vie et la mort en rapport avec l’espace ?

Ces questions intéressent aussi bien le scientifique que le philosophe. Elles intéressent le philosophe parce que son but est de chercher la vérité sur tout ce qui existe. L’espace occupe une place incontournable dans la pensée philosophique parce que toutes nos interrogations reviennent à celle-ci : qu’est-ce que l’homme ? Nous n’épuiserons pas sa définition. Nous nous sommes rendus compte que la vie de l’homme se déroule dans l’espace et le temps. Ce sont des notions complexes qu’on ne peut pas aborder sans recourir aux spécialistes.

Dans la Critique de la raison pure, Emmanuel Kant présente l’espace comme « une représentation nécessaire a priori qui sert de fondement à toutes les intuitions extérieures… une condition de possibilité des phénomènes ». L’on peut entendre par représentation a priori de l’espace le fait que l’espace préexiste à toute expérience. L’espace est une forme pure de l’intuition externe à travers laquelle le sujet forme des objets et sans laquelle il ne saurait y avoir d’objets pour lui. L’espace, selon Kant, ne peut être dérivé d’aucune expérience parce qu’il est déjà impliqué dans chacune d’elles.

C’est en ce sens que pour Kant, « L’espace sert de fondement, d’une manière nécessaire, aux phénomènes extérieurs.» Car, tout ce que je perçois de réel, je le perçois dans l’espace. L’espace est la condition de la réalité pour moi de n’importe quel objet. L’espace est pour cela une condition nécessaire a priori de tout, de la recherche de la vérité, de la vie, de la mort. Il est justement impossible de se faire une représentation abolissant l’espace, alors que comme le souligne Kant, il est parfaitement possible d’en éliminer en pensée tous les objets.

L’importance de l’espace fait que rien n’arrive pour l’homme en dehors de l’espace. La fascination pour l’espace a quelque chose de scientifique, mais elle aussi philosophique à cause de son caractère incontournable dans l’établissement du vrai. Nous vivons dans l’espace, et nous mourrons dans l’espace. Si nous sommes en vie, c’est grâce aux conditions de vie spaciales, et c’est encore la raison pour laquelle nous mourrons tous un jour. Tout ce qui loge dans l’espace et le temps est frappé de finitude, il doit finir, il tend vers sa fin, il est mortel. Du coup le questionnement sur la vie et la mort dans l’espace est très logique. Toute la vie de l’homme se passe comme une course contre le temps de l’arrivée de la mort. C’est une course éperdue puisque tant que nous sommes dans l’espace et le temps, notre vie est factice.  La vie, hors mis celle de Dieu, n’est possible qu’en l’espace. Et c’est encore là qu’elle doit finir. D’autres vies reprennent, et le cycle de vie dans l’espace paraît sans fin, même si les vies individuelles doivent finir.

Vous savez aussi que c’est par l’étonnement que la philosophie est née. Les anciens philosophes grecs, ceux que l’on appelés les sensualistes, étaient de grands observateurs de la nature, de l’espace et du temps. Les savants voulaient comprendre pourquoi les choses existaient. Thalès, Anaximandre, Anaximène, Héraclite et leurs successeurs cherchaient dans l’eau, l’illimité, l’infini, et le feu le principe de tout ce qui existait. C’est cet attachement à la recherche de la vérité dans l’espace qui nous a été légué. La fascination pour la vérité dans l’espace est à l’origine de tout ce qu’on peut appeler science de nos jours. Emmanuel AVONYO, op

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Publié par le novembre 21, 2009 dans May aime la philosophie

 

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